10 mars 2017

Mesure du bonheur

Si les gens sont plus riches et se portent mieux, ils doivent être aussi plus heureux. Mais est-ce réellement si évident ? […]

Dans les dernières décennies, psychologues et biologistes ont relevé le défi d’une étude scientifique de ce qui rend réellement heureux. La première étape consiste à définir ce qu’il faut mesurer. Suivant la définition généralement acceptée, le bonheur est le « bien-être subjectif ». Dans cette optique, le bonheur est une chose que je ressens en moi, un sentiment de plaisir immédiat ou de contentement à long terme du cours que suit ma vie. Mais si c’est une chose ressentie intérieurement, comment la mesurer de l’extérieur ? Nous pouvons vraisemblablement y parvenir en demandant aux gens de nous dire ce qu’ils ressentent. […]

On se sert de questionnaires […] pour corréler le bonheur à divers facteurs objectifs. […] Cela donne des bases aux historiens qui peuvent alors examiner la richesse, la liberté politique et les taux de divorce dans le passé. Si les gens sont plus heureux dans les démocraties, et les gens mariés plus heureux que les divorcés, l’historien est fondé à soutenir que la démocratisation des toutes dernières décennies a contribué au bonheur de l’humanité, alors que le nombre croissant des divorces indique une tendance contraire.

Cette approche n’est pas exempte de défauts, mais avant d’en pointer les failles, il vaut la peine de s’arrêter sur les conclusions. L’une d’elles, intéressante, est que l’argent est bel et bien une source de bonheur. Mais uniquement jusqu’à un certain point : au-delà, il a peu de sens. […] Un autre constat est que la maladie diminue le bonheur à courte échéance, mais n’est une source de détresse à plus long terme que si l’état de la personne ne cesse de se dégrader et entraîne une douleur permanente et débilitante. […]

Il semble que la famille et la communauté aient plus d’impact que l’argent et la santé sur notre bonheur. […] Cela est vérifié indépendamment des conditions économiques et même physiques. Un invalide impécunieux entouré d’une épouse aimante, d’une famille dévoué et d’une communauté chaleureuse peut fort bien se sentir mieux qu’un milliardaire aliéné, sous réserve que la pauvreté de l’invalide ne soit pas trop sévère, et qu’il ne souffre pas d’une maladie dégénérative ou douloureuse.

Sapiens, une brève histoire de l’humanité / Yuval Noah Harari

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"Un rien m'amène, un rien m'anime. Un rien me mine, un rien m'emmène."

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